100 vues du Mont Fuji
Fils de famille, communiste, dandy fasciné par la Bible, amateur de femmes, dépressif, drogué, alcoolique, provocateur, Osamu Dazai est un héros littéraire sulfureux qu'on aime comme on aime Rimbaud ou Stig Dagerman. Sa vie, son oeuvre, sa fin en 1948 - un double suicide avec une maîtresse - sont indissociables tant, chez lui, la fiction joue avec l'autobiographie. Cet esthète de l'échec est définitivement reconnu avec Soleil couchant (1947), histoire de la ruine d'une famille patricienne qui reflète bien l'ambiance fin du monde du Japon de la défaite. Dans ce recueil de récits, très bien présentés par le traducteur, se retrouvent les épisodes d'une existence mouvementée: jeunesse («Mes frères»), années de détresse («Paysage doré»), le Tokyo d'après-guerre («Merry Christmas»). Né en 1909 dans une riche famille de propriétaires terriens du nord de l'île de Honshu, Dazai est banni des siens à cause de ses accointances de gauche (le PC au Japon est clandestin dès sa création en 1922), d'un premier mariage avec une geisha et de sa ruineuse toxicomanie. Ecrit dans une langue d'une grande limpidité (express)
Cent vues du mont Fuji montre que la neurasthénie chez l'auteur de La déchéance d'un homme a du style et sait même rire d'elle-même
: Picquier

