femmes en prison
1963 MUNICH
Grisélidis Réal est incarcérée pour trafic de haschich, à la prison pour femmes de Munich où elle demeure sept longs mois.
Avec obstination elle va tenir le « Journal d'une désespérée » qu'elle rebaptisera plus tard Suis-je encore vivante ?
Elle y décrit le quotidien de la vie carcérale, le désespoir, les suicides manqués, les rêves d’évasion, les rapports difficiles avec les gardiennes ,les humiliations ,la faim tenace , la déchéance physique, l'isolement , mais la résistance pour ne pas sombrer dans la folie .
Sa peinture et la littérature comme planche de salut
Elle esquisse le profil de ses codétenues : Evi, la brigande blonde, les " inévitables lesbiennes ", la Baronne, " petite souris tendre et brune ", Gerlinde, femme " d'une grande noblesse, tragique ", elle se lie d'amitié avec une rescapée des camps de concentration , ancienne aviatrice . Entre la lecture de Dostoïevski, de Nietzsche ou de Dante, la pratique du dessin, l'écriture de poèmes elle ne cesse de lutter
et puis , elle a son écran de cinéma - cette " haute fenêtre fermée par six barreaux où ne paraît qu'un carré de ciel tantôt bleu ,gris ou noir ",juchée sur une vielle valise .
"les faces jaunes des gardiennes, boursouflées, tellement privées d'amour qui voudraient avoir la force de nous imposer du respect."............
"les robes sont en grosse toile grise jamais repassées à manches courtes descendent parfois jusqu'aux chevilles comme un sac ................. on reçoit aussi une paire de bas de laine tricotée .."
les repas sont distribués dans des écuelles en fer où fleuri la rouille .
Magnifiques et émouvants portraits de femmes confrontées à l'enfer carcéral
